Kinésithérapie
92 % des kinés font des bilans, 22,8 % savent les facturer
Le chiffre vient d'une enquête menée par l'URPS et la CPAM des Pays de la Loire en décembre 2019. Il dit une chose simple : le bilan diagnostic kinésithérapique est fait par presque tout le monde, et facturé correctement par une minorité. L'écart ne vient pas d'un manque de sérieux, il vient de règles éparpillées entre la nomenclature, les référentiels et les avenants.
Les trois choses à retenir
- Le BDK est obligatoire, pas optionnel : c'est une obligation réglementaire.
- Le moment où vous le réalisez et celui où vous le facturez ne coïncident pas.
- Il est coté à part, avec sa propre lettre-clé, distincte de vos séances.
Le bilan est une obligation, pas une option
L'article R. 4321-2 du code de la santé publique impose au masseur-kinésithérapeute d'établir un bilan avant toute rééducation. Ce n'est donc pas un acte de confort, et l'absence de bilan au dossier est un manquement, indépendamment de la question de sa facturation.
Le document a des destinataires précis. La fiche initiale va au médecin prescripteur dès le début de la prise en charge. Une fiche finale lui est adressée au terme d'un traitement d'une certaine durée. Et si vous proposez un renouvellement, une copie revient au service médical de l'Assurance Maladie. Ce dernier point explique pourquoi la qualité du document compte autant que son existence : il est lu par quelqu'un qui décide.
Le BDK a sa propre cotation
Le bilan se cote à part de la séance, avec la lettre-clé AMK. Deux coefficients coexistent selon le champ de la prise en charge : l'un pour la rééducation fonctionnelle, l'autre, légèrement supérieur, pour la rééducation neurologique centrale. Ce sont des actes distincts de vos séances, et non un supplément.
C'est déjà là que se perd une partie des 77 %. Un bilan réalisé mais jamais coté est un acte obligatoire fait gratuitement.
Le piège : réaliser et facturer ne sont pas au même moment
C'est le point le plus mal connu, et le plus coûteux. La nomenclature prévoit des séances auxquelles le bilan doit être réalisé, et d'autres auxquelles il peut être facturé. Les deux séries ne se superposent pas, et le calendrier diffère encore selon qu'il s'agit de rééducation fonctionnelle ou de rééducation neurologique centrale.
Autrement dit, un bilan réalisé au bon moment peut parfaitement être facturé au mauvais, et l'inverse est vrai aussi.
Nous ne reproduisons pas ici les numéros de séance. Les formulations que l'on trouve en ligne ne concordent pas toutes entre elles, et publier un calendrier approximatif sur un sujet de facturation ferait plus de dégâts que de silence. La bonne source est le texte de la nomenclature lui-même, deuxième partie, titre XIV, et votre caisse peut vous confirmer la lecture en cas de doute.
Les référentiels HAS, l'autre règle à connaître
Quatorze référentiels de la Haute Autorité de Santé fixent, pour des situations courantes, un nombre de séances remboursables sans accord préalable. L'entorse de cheville, l'arthroplastie de hanche ou de genou, la lombalgie, la rupture du ligament croisé antérieur, la chirurgie de la coiffe : chacune a son plafond, et ils vont de dix à cinquante séances selon les cas.
Au-delà, une demande d'accord préalable est nécessaire, sur le formulaire prévu à cet effet. Une règle mérite d'être connue : l'absence de réponse sous quinze jours vaut accord. Beaucoup de praticiens attendent une confirmation qui ne viendra pas.
Et c'est là que le bilan reprend toute son importance : c'est lui qui justifie la poursuite. Un document qui démontre la chaîne entre les déficiences mesurées, les limitations d'activité et les restrictions de participation soutient une demande. Une liste de chiffres, non.
Ce que Scielle fait, et ce qu'il ne fait pas
Scielle rédige le bilan à partir de vos mesures, dans la structure attendue, avec la chaîne causale et les objectifs à court, moyen et long terme. Au renouvellement, il produit les tableaux comparatifs entre l'état initial et l'état actuel.
En revanche il ne cote pas vos actes et ne surveille pas votre calendrier de facturation. Ce sont deux métiers différents, et nous préférons faire correctement le premier plutôt que d'approximer le second sur un sujet où l'approximation se paie.
Pour le détail de ce que produit le compte rendu, voir notre page sur le bilan diagnostic kinésithérapique.
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